Réveiller le désir d’apprendre

Quand j’ai lu ce titre, j’ai eu envie de me jeter sur le livre tant ce réveil est quelque chose que j’appelle de mes vœux pour mes enfants. L’école qui devrait en théorie accroître leur soif de savoir n’a-t-elle pas tendance à l’assécher ?

Dans son ouvrage, Agnès Baulier Klarsfed donne quelques clés pour accroître la motivation des enfants, comme par exemple, le fait de les faire réfléchir à leurs moteurs et à leurs freins. « Connaître son fonctionnement intime et la la manière dont on apprend est fondamental pour pouvoir piloter ses apprentissages et progresser », explique-t-elle. Autrement dit, faire parler les jeunes de ce qui les motive. Ou les démotive.

 

En parallèle, elle incite les parents à booster la confiance en soi de leurs enfants. S’ils apprennent, c’est parce qu’ils s’en croient capables. Plutôt que de dire en public que son enfant à des difficultés (quand bien même c’est le cas), mieux vaut les « pousser » en vertu de l’effet Pygmalion. « L’enfant à qui l’on dit qu’il a les capacités de réussir est propulsé vers le succès. Inversement, celui qui perçoit un regard condescendant est condamné à la stagnation », note-t-elle. Reste à espérer que les enseignants, plutôt que de « casser » les jeunes, leur donnent le sentiment qu’ils croient en eux. Ce qui n’est pas toujours le cas. L’an dernier, mon fils était dans une classe où chaque enfant était représenté sur le mur, et évoluait dans différentes « ceintures ». Autant dire que le fait d’être dans celle du bas, stigmatisé au yeux de tous, ne favorise pas l’ascension.

 

Pour avoir vécu aux Etats-Unis, je confirme que là bas, les félicitations sont un « sport national », avec comme le souligne Agnès Baumier Klarsfeld, un « impact psychologique » évident ! Il faut que l’élève ait confiance en sa capacité à progresser. Le regard qu’elle porte sur l’enseignement en France est finalement assez critique. Et de citer Benjamin Franklin : « tu me dis, j’oublie. Tu m’enseignes, je me souviens. Tu m’impliques, j’apprends ». Autant dire qu’on en est loin avec notre approche encore très « top down ».

 

Autre écueil de l’enseignement à la française selon l’auteur : il ne stimule pas assez l’imagination, alors même que la dimension « émotionnelle » joue un rôle déterminant dans les apprentissages. La bienveillance devrait être davantage de mise dans les établissements, car l’impact du bien être émotionnel sur les apprentissages est désormais prouvé.

 

L’auteur revient aussi sur l’importance du jeu. « Arrêtes de jouer ! Travailles ! », cette injonction souvent prononcée est en réalité une aberration. Et comme elle l’explique très bien, les pays dans lesquels les enfants réussissent le mieux sont ceux qui intègrent l’aspect ludique à l’apprentissage. Pourquoi ne pas favoriser l’apprentissage de l’écriture en suggérant à l’enfant de tenir ensemble un blog illustré pendant les vacances? Ou de rédiger la liste des courses ? Ou faire un cadavre exquis ? Au delà du jeu, de la nécessaire émotion pour « adhérer » et de la bienveillance, l’auteur délivre d’autres clés de transformation : l’absence de notation ou encore le travail à plusieurs (deux aspects largements pratiqués dans les écoles Montessori).

 

Comme l’écrit très bien Agnès Baumier Klarsfeld : « à l’heure où la capacité d’innovation fait la différence, est-ce raisonnable de privilégier à l’école obéissane et adaptation, plutôt qu’esprit d’initiative, créativité et prise de risques ? ». La réponse semble assez limpide.

 

J’ai été stupéfaite d’apprendre que dans l’Ontario, il existe des professeurs de réussite dans les lycées, pour accompagner les jeunes les moins armés. A quand des dispositifs de ce type en France ? Il reste tant à faire…

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