Faut il envoyer ses enfants en pension ?

Les motivations des parents sont multiples. Si la pension n’a plus la même image qu’antan, il n’en demeure pas moins que le quotidien est plus ou moins bien vécu par les enfants.

« Mes parents m’ont envoyé en pension parce que l’école près de chez moi n’avait pas bonne réputation. C’était un moyen d’échapper à la carte scolaire », raconte Vincent. Il n’en garde pas que de bons souvenirs : « C’était une école catholique avec une discipline un peu hors normes. Heureusement, les sanctions physiques n’existent plus ». Il a néanmoins conservé des amitiés assez fortes, car comme il le rappelle, « on vit toute la journée avec d’autres enfants, souvent issus de milieux bourgeois et en situation d’échec scolaire ». Sa frustration : n’avoir évolué qu’avec des garçons !

Mais la pension leur permet-elle vraiment de progresser ? Mathilde a tenté l’aventure pour son fils, séduite par la culture d’excellence de ce type d’établissements. A Passy Buzenval, par exemple, le taux de réussite au bac était supérieur à 99%. Les journées sont très rythmées par un encadrement sans failles. Mais elle confesse avoir le sentiment que ce milieu est très focalisé sur le bac et peu sur ce qui se passe après.

Marie, elle, était en conflit permanent avec sa fille : « la cohabitation devenait ingérable. Il fallait qu’elle parte, car elle était insolente et j’en venais à la détester. Rétrospectivement, je pense que cela a permis de préserver nos rapports qui auraient pu se déliter totalement autrement ». Eléonore, de son côté, a mal vécu cet éloignement : « Pour moi c’était une punition. On ne m’autorisait pas le droit d’être rebelle. J’ai donc atterri à Notre Dame des Oiseaux. Je ne me suis jamais sentie chez moi, mais j’ai fini par ne même plus rentré le week-end ». Elle reconnaît qu’elle a malgré tout apprécié cette période : « mon contexte familial n’était pas serein. Là, au moins, j’ai pu m’épanouir dans une communauté ». Ce cadre finalement plus accueillant lui a permis d’obtenir son bac avec une mention « bien », alors que quelques années plus tôt, elle avait faille être réorienté vers une filière technologique. Elle alerte sur le fait qu’un enfant peut être considéré en échec scolaire, alors que c’est juste le contexte dans lequel il évolue qui n’est pas favorable.

Si elle est parvenue à évoluer dans le bon sens, c’est aussi grâce à une discipline exemplaire. Sur le coup, certes ce n’est pas toujours évident d’être contraint de rester deux heures dans une salle pour faire ses devoirs, mais finalement le pensionnat lui a « sauvé la vie ».

Edwige, elle, a fait le choix d’aller en pension. Comme quoi, les enfants peuvent être demandeurs. Pour elle non plus, l’environnement n’était pas sain et elle ressentait le besoin de partir. En revanche, elle ne voulait pas entendre parler d’un pensionnat religieux. Et il faut savoir que tous ne le sont pas ! Pour autant, cette jeune fille croit qu’elle ne mettra jamais son enfant en pension si elle est maman un jour. Du moins, pas pour ces raisons là !

En résumé, si les motivations varient, la condition sine qua non pour que la pension soit une réussite, c’est qu’elle soit parfaitement assumée. De part et d’autre !

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